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Op2Lysis, une révolution dans le traitement de l’AVC hémorragique

07 octobre 2021 - Nos startups

Source : Le Point

La société travaille à l’élaboration d’un médicament qui va permettre d’améliorer le pronostic dans les cas d’AVC hémorragiques, tout en offrant aux victimes de tels accidents, la possibilité de conserver les capacités fonctionnelles les meilleures possibles. Rencontre avec Christophe Gaudin et Jérôme Parcq, cofondateurs d’Oplysis.

La prise en charge de l’AVC hémorragique reste, jusqu’à aujourd’hui, compliquée. Vous travaillez sur un traitement qui offre de grands espoirs. Comment fonctionne-t-il ?

Christophe Gaudin : Il n’existe actuellement aucun traitement médicamenteux pour ces patients, sachant que la chirurgie n’est pas, non plus, une solution. Le produit sur lequel nous travaillons fonctionne ainsi : il est injecté dans le cerveau via un cathéter fin et va réduire l’hématome de manière sécurisée, le sang liquéfié ressortant par ce même cathéter.

Ce procédé permettrait pour les cas les plus graves d’AVC de diminuer le nombre de décès, et pour ceux qui n’en meurent pas de conserver les capacités fonctionnelles les meilleures possibles.

A quel stade de développement en est le produit ?

CG : Nous sommes actuellement dans la phase préclinique. Nous entrons dans la phase réglementaire pour obtenir l’autorisation de mener des essais sur des patients. Notre objectif est désormais de pouvoir entrer en phase d’essais cliniques, ce qui est prévu pour 2022.

Cela va-t-il nécessiter une nouvelle levée de fonds ?

CG : C’est bien le cas. L’idéal est la réalisation d’un tour de table qui permette un engagement à hauteur de 10 millions d’euros pour pouvoir à la fois mener la phase préclinique réglementaire et la phase clinique.
Au-delà du cas des AVC, peut-on imaginer d’autres déclinaisons de ce médicament ?

Jérôme Parcq : Effectivement. Chez Op2Lysis, nous sommes en train de décliner la technologie que nous utilisons sur une plateforme qui va constituer le futur de la société. Cette technologie permet de protéger le principe actif et de sélectionner le vecteur le plus adapté à la cible à traiter. Je m’explique. Un hématome au cerveau est immobile. Il occupe toujours le même espace. En revanche, si l’on parle d’embolie pulmonaire ou d’ischémie des membres inférieurs, on fait face à des cibles différentes en termes d’accès aux caillots. Il devient, alors, nécessaire de mettre en place des stratégies différentes de vectorisation et de ciblage que nous sommes en mesure de délivrer avec notre plateforme.

Comment la société se structure-t-elle autour de ces projets ?

CG : Nous ouvrons un nouveau bureau à Liège (Belgique) qui est plus particulièrement dédié au développement de nos produits et bénéficie d’un écosystème favorable. En effet, la région liégeoise dispose de nombreuses sources de financement et abrite plusieurs entreprises de biotechnologie avec lesquelles nous pouvons établir des synergies.

JP : Il faut savoir que la Belgique est le berceau des principes actifs de cette classe de médicaments. On y trouve donc une vraie connaissance du sujet, à la fois d’ordre technologique, mais également du point de vue du modèle économique à adopter.

L’autorisation de la mise sur le marché de médicaments est un processus long. Si tout se déroule sans encombre, à quel horizon votre produit sera-t-il commercialement disponible ?

JP : En raison de la typologie de la pathologie, hématome au cerveau, nous devrions directement passer en phase clinique, puisqu’il est impossible d’organiser une première phase de test chez un sujet sain. C’est un facteur d’accélération qui devrait nous permettre d’ici quatre ans de démontrer, lors de ces essais cliniques, que notre produit a la capacité de réduire la taille de l’hématome, sans effets secondaires.

CG : Le besoin médical non couvert que nous adressons et le fait de relier les résultats des études que nous allons réaliser aux bénéfices cliniques attendus nous donnent théoriquement la possibilité de bénéficier d’un enregistrement conditionnel. Une fois obtenu, ce dernier nous permettrait d’accéder au marché de manière relativement rapide, à l’horizon 2025.
 

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